mercredi 26 mars 2008

Opération Iraqi Freedom - Offensive alliée en Irak - 20 mars 2003: invasion de l'Irak

Le 20 mars 2003, à 5h34 du matin, le CENTCOM du général Tommy Franks déclenche la première phase active de l'opération Iraqi Freedom.

C'est la stratégie alliée Shock And Awe, "Choc et Effroi", c'est-à-dire la "décapitation" du pouvoir Baasiste irakien dès le premier jour du conflit, de manière à semer la confusion et paralyser toute la chaîne de commandement adverse.

Durant les quarante-huit premières heures du conflit, les Américains effectueront 1700 sorties de bombardement et tireront 504 missiles de croisières.

http://en.wikipedia.org/wiki/Shock_and_awe

Des Lockheed F-117A Nighthawk du 8th FS/49th Fighter Wing larguent des bombes guidées par laser Mk-83 Paveway sur le périmètre du Palais présidentiel de Saddam Hussein, à Bagdad, et plusieurs autres objectifs politiques.


Simultanément, une quarantaine de missiles de croisière BGM-109 Tomahawk s'abattent sur des bunkers et centres de commandement, des casernes de l'armée ou de la Garde Républicaine, des résidences des membres du parti Baas, des centrales électriques et réseaux de distribution d'énergie, des centres de télécommunication, des ponts, etc.


Opération Southern Watch. L'aviation alliée utilise des bombes guidées par laser (GBU) contre des objectifs militaires dans le sud et l'ouest de l'Irak. Des centres de communications dans les régions de Ash Shuaybah, Mudaysis et Ruwayshid, des batteries d'artillerie près de Zubayr et dans la péninsule de Faw, un radar mobile d'alerte avancée près de Basra.

Après un violent barrage d'artillerie, les troupes terrestres de la Coalition se mettent en branlent à 15h57 et pénètrent en Irak.


Dans la zone d'opération du 5ème Corps US, la 3ème Division d'infanterie et le 7ème Régiment de cavalerie font route au nord-est vers Tallil et An Nassiriyah.

Dans la zone d'opération du I MEF, la 1ère Division de marines US conquiert Safwan et progresse au nord vers Basra. Des unités du 15th MEU et de la 1ère Division blindée britannique s'emparent de Umm Qasr.

vendredi 21 mars 2008

Opération Iraqi Freedom - Offensive alliée en Irak - Armée irakienne de Saddam Hussein

Garde Spéciale Républicaine (GSR)
Special Republican Guard (SRG)
[Special Forces Brigade of the Presidential Palace]
http://www.globalsecurity.org/intell/world/iraq/srg.htm

La Garde Spéciale Républicaine était plus une unité paramilitaire qu'une véritable force de combat, responsable de la protection rapprochée de Saddam Hussein, de la sécurité du Palais présidentiel en particulier, et plus largement de celle de Bagdad. A l'occasion, elle pouvait également servir comme force militaire pour réprimer n'importe quel coup d'Etat ou rebellion.

La GSR était la seule unité militaire autorisée à circuler dans la capitale. Appelée également "Golden Division", la "Division d'Or", elle regroupait quatre brigades (dont une blindée), un commandement de la défense aérienne (AD-Com) et un commandement de deux régiments de chars T-72 (TK-Com) qui lui étaient propre.

Cette unité d'élite a été fondée début 1992 par Saddam Hussein. Bien que son nom entraîne parfois une certaine confusion avec les unités d'élite de la Garde Républicaine, c'était une force totalement distincte et autonome, avec des fonctions très différentes.

En 2002, les effectifs de la GSR étaient estimées à 12000 hommes et 14 bataillons. Chacune des brigades comprenant en général 2500 hommes.


Commandement des forces de la Guarde Républicaine (CFGR)
Republican Guard Force Command (RGFC)
http://www.globalsecurity.org/military/world/iraq/rg.htm

La Garde Républicaine est une formation d'élite. Elle rassemble les meilleures unités de l'Armée de terre irakienne, ayant reçu un meilleur entrainement et disposant d'un matériel de meilleur qualité que le reste de l'armée régulière.

Cette organisation était spécialement destinée à la protection du régime baasiste de Saddam Hussein. Elle a été créé au début de la guerre Iran-Irak et s'est considérablement renforcée pendant les deux dernières années du conflit (1986-1988).

A la fin du conflit contre l'Iran, en 1988, le CFGR constituait 20% de l'Armée de terre irakienne, avec huit divisions. La Garde Républicaine était alors équipée de chars de combat T-72 et de véhicules blindés de transport de troupes BMP, d'origine soviétique, d'obusiers autopropulsés français GCT de 155mm, une version dérivée de l'AMX-30, et d'obusiers tractés autrichiens GHN-45 de 152mm.

Le 1er août 1990, les huits divisions du CFGR étaient constituées en deux corps d'armée.

Le 1er Corps CFGR, avec les Divisions blindées Hammurabi et Medina, la Division mécanisée Tawakalna et une division d'infanterie motorisée, était disposé le long de la frontière koweitienne et participa à l'invasion de l'émirat.

Stationné au nord du Koweit, ces unités CFGR furent décimées par l'aviation alliée en février et mars 1991, pendant l'opération Desert Storm.

Ordre de bataille de la Garde Républicaine fin 2002.

Corps CFGR Nord "Allah Akbar" [Al Rachid et Tikrit]
- 2ème Division blindée "Al Medina" [Al Rachid et Al Taji]
- 5ème Division mécanisée "Baghdad" [Jabal Maglub/Magloob]
- 7ème Division mécanisée "Adnan" [Mosul]

Corps CFGR Sud "Al Fateh Al Mubin" [Al Hafriah/Hafreia]
- 1ère Division blindée "Hammurabi" [Al Wihdah/Wahda, Al-Suwaira]
- 6ème Division mécanisée "Nebuchadnezzar" [Karbala, Al Khut]
- Division blindée "Al Nida" [Abi Saidah, Baaquba]


Armée de terre irakienne.
http://www.globalsecurity.org/military/world/iraq/army.htm

L'Armée de terre irakienne naquit officiellement le 21 juin 1921, lorsque fut formé le premier bataillon de volontaires. Elle était destinée à remplacer progressivement l'Armée britannique qui rentrait au pays.

A la fin de 1922, les forces irakiennes comptaient 4000 volontaires répartis dans trois bataillons, stationnés à Mosul, Bagdad et Hilla.

L'Armée continua progressivement à croître. A la fin de l'année 1929, elle comptait dans ses rangs 10446 hommes, dont 582 officiers.

En 1934, fut instaurée la conscription militaire.

Et en 1941, les effectifs des forces armées irakiennes s'élevaient à environ 41000 hommes.

Après la Seconde Guerre mondiale, la réduction des effectifs ramena ce chiffre à 20000, en comptant les unités de la Gendarmerie.

Une série de coups d'Etat, entre 1939 et 1968, eut pour conséquence la division et la réorganisation des forces armées irakiennes entre plusieurs factions politiques. Cependant, après la prise de pouvoir par le parti Baas en 1968, un contrôle unique de l'Armée fut reformé et renforcé.

L'Armée irakienne avait été à l'origine formée sur le modèle britannique. Mais l'influence grandissante de l'Union Soviétique, combinée à l'expérience acquise pendant la guerre Iran-Irak (1980-1988), modifia profondément ce modèle et les doctrines d'emploi.

Pendant la fin des années septantes et la première moitié de la décennie suivante, les forces armées irakiennes connurent plusieurs bouleversements majeurs, et ce à tous les niveaux. De profonds changements dans le nombre d'effectifs, les structures, l'approvisionnement, la hiérarchie, mais surtout dans le charactère politique.

Entre 1980 et 1990, Saddam Hussein fit passer les effectifs de l'Armée de terre de 180000 à environ un million d'hommes.

En 1987, en tenant compte des réservistes et des unités paramilitaires, l'Armée irakienne comptait 1.7 million d'hommes, sept corps d'armées, trente divisions d'infanterie, cinq divisions blindées et trois divisions mécanisées.

En août 1990, elle atteignit un maximum avec cinquante divisions, dont 34 d'infanterie et 7 blindées.

Elle était devenue, en terme d'effectifs, la quatrième puissance militaire du monde, après la Chine, l'Union Soviétique et les Etats-Unis.

Conséquence du conflit contre l'Iran, le régime baasiste irakien était devenu le plus important marché d'armes et d'équipements militaires du monde. En plus des fournitures massives d'armes en provenance d'Union Soviétique et de France, Saddam Hussein acheta à l'Allemagne Fédérale, l'Italie, la Chine, le Brésil, la Pologne, la Tchécoslovaquie et l'Egypte.

L'Agence américaine de désarmement et de contrôle des armes, "US Arms Control and Disarmement Agency" (ACDA), estimait en 1987 que l'Irak avait acheté pour un montant total de 24 milliards de dollars de matériels militaires, pour la seule période allant de 1981 à 1985.

Après sa désastreuse aventure au Koweit en 1991, l'armée irakienne réduisit drastiquement le nombre de divisions d'active.

Elle passera de 5 divisions blindées, 3 divisions mécanisées et 20 divisions d'infanterie, en avril 1991, à 3 divisions blindées, 3 divisions mécanisées et 11 divisions d'infanterie, à la fin de cette année.

Ordre de bataille de l'Armée de terre irakienne fin 2002.
http://www.globalsecurity.org/military/world/iraq/orbat-ground.htm
[11 divisions d'infanterie, 3 divisions mécanisées, 3 divisions blindées]

Front Nord [Kurdistan].

1er Corps irakien [Kirkuk]:
- 2ème Division d'infanterie [Al Rabee]
- 5ème Division mécanisée [Kirkuk/Shuwan]
- 8ème Division d'infanterie [Shuwan]
- 38ème Division d'infanterie [Tappahlo/Quader Karam]

2ème Corps irakien [Diyala/Mansouria Alijabal Camp]
- 3ème Division blindée [Saadiah/Jalawolaa]
- 15ème Division d'infanterie [Amirli]
- 34ème Division d'infanterie [Khanagin]

5ème Corps irakien [Mosul]
- 1ère Division mécanisée [Makhmoor-Gayarah]
- 4ème Division d'infanterie [Baa'sheeqa]
- 7ème Division d'infanterie [Al Adnani/Alton Kopri/Al Mansour]
- 16ème Division d'infanterie [Mosul/Saddam Dam]

Front Sud.

3ème Corps irakien [Qualah Salih]
- 6ème Division blindée [Nasha]
- 11ème Division d'infanterie [Qualah Salih Sud/Al Naserria]
- 51ème Division mécanisée [Al She'ebah-Basrah/Zubair]

4ème Corps irakien [Mamoon/Amara/Almayar]
- 10ème Division blindée [Al Teeb/Al Mara]
- 14ème Division d'infanterie [Salam/Al Mara Sud-Sud-Est]
- 18ème Division d'infanterie [Qala Salih/Al Mushara/Al Kahla]





Armée de l'Air irakienne.
http://www.globalsecurity.org/military/world/iraq/airforce.htm

L'Armée de l'Air irakienne (IQAF) fut fondée en 1927, lorsque les cinq premiers élèves-pilotes partirent effectuer leur formation en aéronautique au Cranol College, en Grande-Bretagne. Par la suite, 32 autres étudiants "mécaniciens" furent formés à l'entretien du parc d'avions.

Ces cinq pilotes formés revinrent en Irak et se posèrent sur l'aérodrome d'Al-Washash le 22 avril 1931.

L'aviation irakienne subit son baptême du feu en mai 1941, lorsqu'elle prit part aux opérations de l'Axe au Proche-Orient, contre les Britanniques.

Puis aux trois guerres israélo-arabes de 1948, juin 1967 et octobre 1973.

Pendant la guerre Iran-Irak (1980-1988), l'IQAF eut un rôle assez limité en s'attaquant à des cibles stratégiques, des villes comme Téhéran, l'aviation ou les bases aériennes ennemies. Elle eut plus de succès contre les navires, iraniens ou neutres, circulant dans le Golfe Persique, et en particulier, contre les supertankers chargés d'acheminer le pétrole brut iranien. Le 17 mai 1987, elle attaqua par erreur la frégate USS Stark et tua 37 marins américains.

Entre 1980 et 1990, grâce à l'aide massive de l'Union Soviétique, le nombre total de ses avions passa de 332 à 950.

En 1987, ses effectifs atteignaient 40000 hommes, 10000 d'entre-eux servant dans le Commandement de la Défense Aérienne (ADC).

Le QG de l'IQAF était installé à Bagdad, et les grandes bases aériennes étaient Basra, H-3, Kirkuk, Mosul, Rashid et Ash Shuaybah. Au total, 24 bases opérationnelles, 30 bases secondaires dites "de dispersion".

En 1990, à la veille de l'invasion du Koweit, l'IQAF comptait 500 avions de combat, 2 escadrilles de bombardiers, 11 escadrilles de chasse ou d'attaque au sol, et 5 escadrilles d'intercepteurs. Chacune de ces unités comprenant de 10 à 30 avions. Elle était équipée essentiellement de matériel soviétique, comme des MiG-23, MiG-25, MiG-29, Su-7, Su-17/20/22, Su-24, Su-25, Tu-16, Tu-22, mais également de chasseurs français Mirage F1, et des Chenyang J-6 et J-7, copies chinoises des MiG-19 et MiG-21.

Pendant l'opération Desert Storm ("Tempête du Désert"), une grande partie de l'IQAF fut anéantie par l'aviation alliée au sol ou dans les airs, et le reste échappa à la destruction en se réfugiant en Iran, où il resta consigné jusqu'à la fin du conflit.

Inventaire de la Force aérienne irakienne en 2002.
http://www.globalsecurity.org/military/world/iraq/air-force-equipment.htm

Bases aériennes et aérodromes irakiens en 2002.
http://www.globalsecurity.org/military/world/iraq/airfields.htm


Inventaire de la défense anti-aérienne irakienne en 2002.
http://www.globalsecurity.org/military/world/iraq/air-defence-equipment.htm

jeudi 20 mars 2008

Opération Iraqi Freedom - Offensive alliée en Irak - Mise en place du dispositif de la Coalition

Le 11 octobre 2002, la résolution H.J.Res.114 Public Law 107-243 est votée par le Sénat et la Chambre des Représentants des Etats-Unis. Elle est signée par le président George W. Bush cinq jours plus tard.

http://en.wikipedia.org/wiki/Joint_Resolution_to_Authorize_the_Use_of_United_States_Armed_Forces_Against_Iraq

Le Congrès des Etats-Unis autorise désormais le recours à la force armée contre l'Irak de Saddam Hussein.

Raisons invoquées dans cette résolution H.J.Res.114 pour justifier le recours à la force des Etats-Unis:

- Non respect par l'Irak des conditions du cessez-le-feu de 1991 et des Résolutions du Conseil de Sécurité de l'ONU.

- Menace potentielle, pour la sécurité des Etats-Unis et du Golfe Persique, représentée par les armes de destruction massive et les programmes de développement de ces armes par l'Irak.

- Répressions brutales du régime baasiste contre la population civile irakienne.

- Capacité de l'Irak d'utiliser des armes de destruction massive contre d'autres pays ou contre sa propre population.

- Hostilité affichée de l'Irak contre les Etats-Unis, démontrée en 1993 par la tentative d'assassinat du président George H. Bush [Père], ou encore par les provocations et agressions répétées contre les patrouilles aériennes de la Coalition dans les zones d'exclusion nord et sud de l'Irak.

- Liens probables entre Saddam Hussein et Al-Qaida. Cf les interrogatoires d'Ibn al-Shaykh al-Libi, instructeur paramilitaire libyen d'Al Qaida capturé en Afghanistan.

http://en.wikipedia.org/wiki/Ibn_al-Shaykh_al-Libi

http://en.wikipedia.org/wiki/Saddam_Hussein_and_al-Qaeda

- Soutien de Saddam Hussein aux organisations terroristes palestiniennes: Djihad Islamique, Hezbollah et Hamas.

- Efforts du Congrès et du Pentagone dans la "Guerre globale contre le terrorisme".

- Autorisation, par la Constitution et le Congrès, donnée au Président d'engager les forces armées américaines pour combattre le terrorisme dans le monde.

- "Iraq Liberation Act (1998) Public Law 105-338", signée par l'ancien président Bill Clinton le 31 octobre 1998. Loi autorisant aide et assistance aux divers mouvements d'opposition irakien anti-Saddam, en Irak ou à l'étranger, ainsi que "la mise en place d'un programme politique de transition pour instaurer la démocratie en Irak".

http://en.wikipedia.org/wiki/Iraq_Liberation_Act_of_1998


Déploiement naval américain dans le Golfe Persique.

Le 28 octobre 2002, le groupe amphibie du navire d'assaut amphibie LHA-4 Nassau, avec 2200 Marines et 1700 marins, franchit le canal de Suez pour participer à des excercices conjoint avec des navires de la Royal Navy et de la Royal Australien Navy dans le Golfe Persique.

http://www.globalsecurity.org/military/agency/navy/lha-4.htm

Simultanément, le groupe de bataille du porte-avions USS Constellation (CV-64), avec le Carrier Air Wing 2, les croiseurs lance-missiles CG-50 Valley Forge et CG-52 Bunker Hill, les destroyers Aegis DDG-69 Milius et DDG-76 Higgins, le destroyer DD-965 Kinkaid, la frégate FFG-43 Thach, le sous-marins nucléaire SSN-771 Columbia et le navire de transport/soutien AOE-7 Rainier, fait route vers le Golfe Persique où il doit arriver le 1er décembre 2002.

http://www.globalsecurity.org/military/agency/navy/batgru-64.htm

http://www.globalsecurity.org/military/agency/navy/cvw2.htm

Il y sera rejoint par le groupe de bataille du porte-avions USS Harry S. Truman (CVN-75), avec le Carrier Air Wing 3, le croiseur lance-missiles CG-56 San Jacintho, les destroyers Aegis DDG-57 Mitscher, DDG-75 Donald Cook et DDG-79 Oscar Austin, les destroyers DD-977 Briscoe et DD-989 Deyo, la frégate FFG-53 Hawes, le sous-marins nucléaire SSN-720 Pittsburg, le pétrolier TAO-196 Kanawha et le navire de transport/soutien TAE-34 Mount Baker.

http://www.globalsecurity.org/military/agency/navy/batgru-75.htm

http://www.globalsecurity.org/military/agency/navy/cvw3.htm

Finallement, le porte-avions USS Kittyhawk (CV-63), le Carrier Air Wing 5 et plusieurs navires de son groupe de bataille appareillent de Yokosuka, au Japon.

http://www.globalsecurity.org/military/agency/navy/batgru-63.htm

http://www.globalsecurity.org/military/agency/navy/cvw5.htm


Déploiement terrestre des troupes de la Coalition au Koweit et en Turquie.

En novembre 2002, après le vote de la résolution onusienne 1441, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la Pologne et l'Australie commencent à déployer des troupes terrestres et des navires au Koweit et dans le Golfe Persique.

Ces troupes de la Coalition sont commandées par le général de l'US Army Tommy Franks, un vétéran de la guerre du Vietnam et de la guerre du Golfe 1991.

http://en.wikipedia.org/wiki/Tommy_Franks


Elles dépendent de l'US Central Command (CENTCOM), le commandement américain responsable des théâtres d'opération du Golfe Persique et d'Afghanistan, avec un QG avancé établit à Doha, au Qatar.

http://www.globalsecurity.org/military/agency/dod/centcom.htm



Ordre de bataille terrestre de la Coalition sur le Front Sud [Koweit].
135000 Américains et 22000 Britanniques.

5ème Corps US:
- 3ème Division d'infanterie US.
- 3ème Brigade/1ère Division blindée US.
- 82ème Division aéroportée US.
- 101ème Division aéroportée US.
- 7ème Régiment de cavalerie US.
- 2ème Bataillon/5ème Groupe des Forces Spéciales (Bérets Verts).

I Marine Expeditionary Force (I MEF):
- 1ère Division de Marines US (1st MARDIV).
- 15ème Unité expéditionnaire des Marines (15th MEU).
- 1ère Division blindée britannique.
- 7ème Brigade blindée britannique ("Desert Rats").
- 3ème Brigade de commandos britannique (3 CDO).
- Unité des Forces spéciales polonaises (GROM).


Ordre de bataille américain sur le Front Nord [Kurdistan].
- 173ème Brigade aéroportée US.
- 2ème Brigade/1ère Division d'infanterie US [Incirlik, Turquie].
- 10ème Groupe des Forces Spéciales (Bérets Verts, Rangers).

mercredi 19 mars 2008

Opération Iraqi Freedom - Offensive alliée en Irak - Contexte de l'intervention militaire anglo-américaine

Le président George W. Bush a pris la décision d'intervenir militairement en Irak au cours du second semestre 2002.


Raisons invoquées par Washington:

- Non respect des résolutions successives du Conseil de Sécurité de l'ONU, depuis 1991 et la fin de l'opération Desert Storm ("Tempête du Désert"), sur le désarmement de l'Irak et la fin de son programme de développement d'armes de destruction massive.

- Neutralisation par la coalition des armes de destruction massive que Saddam Hussein est censé détenir.

- Liens de Saddam Hussein et du régime baasiste irakien avec des mouvements terroristes islamiques du Proche-Orient et du Golfe Persique, opérant en Israel, dans les Territoires occupés palestiniens, la Bande de Gaza, le Liban, la Turquie et en Arabie Saoudite.

- Arrestation de Saddam Hussein et de ses deux fils. puis comparution devant un tribunal pénal international.

- "Guerre globale" contre le terrorisme: élimination d'un futur allié potentiel d'Al-Qaida, responsable des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, et de plusieurs autres contre le destroyer USS Cole, ou des ambassades et intérêts américains en Afrique. Elimination du principal bailleur de fonds du terrorisme palestinien.


Autres raisons officieuses "suggérées" par des mouvements anti-guerre ou anti-mondialistes, mouvements anti-Américains, ou même divers partis politiques en Europe, de gauche ou de droite:

- Liens entre Washington et des intérêts pétroliers, tels que le Groupe Carlisle, Halliburton ou Enron.

- Liens entre Washington et des compagnies de sous-traitance de matériel militaire (Halliburton).

- Volonté des Américains de s'emparer des champs pétrolifères et/ou de contrôler le marché pétrolier du Golfe Persique.

- Etc.


Polémique sur les armes de destruction massive irakiennes.

En 2002, les inspecteurs en désarmement de l'ONU publient un rapport écrit par l'analyste Kenneth Katzman (1), dans lequel ils mentionnent qu'ils ont découvert, entre 1991 et 1994, une quarantaine de laboratoires secrets de recherche nucléaire ainsi que plusieurs programmes clandestins d'enrichissement d'uranium.

Le 27 janvier 2003, Hans Blix (2) publie un rapport explosif dans lequel il affirme que les inspecteurs de l'ONU auraient découvert, fin 2002, que Saddam Hussein a produit du gaz VX (3) et du thiodiglycol (4), assez proche du gaz moutarde employé pendant la guerre Iran-Irak entre 1982 et 1988, ainsi que des missiles balistiques à moyenne et longue portées, dérivé du Scud.

En 2000, Richard Butler, diplomate australien, responsable de la "Commission Spéciale des Nations Unies" chargée des recherches des ADM après l'opération Desert Storm de 1991, a publié un livre intitulé "The Greatest Threat: Iraq, Weapons of Mass Destruction, and the Crisis of Global Security" (5) dans lequel il explique que Saddam Hussein produit du Gaz VX (3). Le régime irakien a d'abord démenti, puis reconnu en avoir produit seulement 200 litres, puis 3900 litres mais sans toutefois être en mesure de les utiliser comme armes.


Résolution 1441 du Conseil de Sécurité de l'ONU.

Le 8 novembre 2002, le Conseil de Sécurité des Nations Unies, après plus de deux mois de discussions, adopte à l'unanimité la résolution 1441, qui donne à Saddam Hussein une dernière chance et un délai supplémentaire d'un mois pour se conformer aux résolutions antérieures adoptées depuis 1991.

S'il n'obtempère pas, les Nations Unies annoncent qu'ils mettront tout en oeuvre pour l'obliger à les respecter.

http://www.un.org/french/docs/sc/2002/cs2002.htm

Pour George Bush et les militaires américains, il n'en faut pas plus pour légitimer, aux yeux du droit international, leur intervention contre l'Irak.

Les Nations Unies et la communauté internationale vont bientôt se diviser en deux groupes opposés sur cette question de la légitimité de l'option militaire:

- Coalition alliée. Menée par Washington et regroupant 49 Etats: Afghanistan, Albanie, Angola, Australie, Azerbadjan, Bulgarie, Colombie, Costa Rica, République Tchèque, Danemark, République Dominicaine, Salvador, Eryhtrée, Estonie, Ethiopie, Géorgie, Honduras, Hongrie, Islande, Italie, Japon, Koweit, Lettonie, Lituanie, Macédoine, Iles Marshall, Micronésie, Mongolie, Pays-Bas, Nicaragua, Iles Palau, Panama, Philippines, Pologne, Portugal, Roumanie, Rwanda, Singapour, Slovaquie, Iles Salomons, Corée du Sud, Espagne, Iles Tonga, Turquie, Ouganda, Ukraine, Grande-Bretagne, Etats-Unis et Ouzbekistan.

http://www.whitehouse.gov/news/releases/2003/03/20030327-10.html

- "Camps de la paix". Mené par la France, la Chine, l'Allemagne et la Russie, qui prétendent que toutes les solutions "pacifiques" pour résoudre la crise n'ont pas été épuisées, et donc qui s'opposent à l'option militaire de la Coalition alliée. Il regroupe des pays comme la Belgique, la Grèce, le Canada, la Norvège, la Croatie, Israel, l'Egypte, la Libye, l'Algérie, la Tunisie, le Maroc, etc.


(1) Spécialiste dans les affaires du Moyen-Orient pour le Service de Recherche du Congrès.
http://www.pbs.org/newshour/bb/bio/katzman_bio.html

(2) Haut fonctionnaire suédois des Nations Unies. Président exécutif de la Commission de contrôle, de vérification et d'inspection des Nations Unies (COCOVINU). C'est donc le responsable des équipes d'inspecteurs en désarmement de l'ONU présent en Irak depuis 1991.

(3) Neurotoxique inventé en Grande-Bretagne en 1952. Version améliorée du gaz Sarin. Le VX s'attaque aux systèmes nerveux et musculaire, entraînant la mort des sujets exposés en quelques minutes.

(4) http://en.wikipedia.org/wiki/Thiodiglycol

(5) Titre français: "La plus grande menaces: les ADM de l'Irak et la crise de sécurité globale". ISBN 1-58648-039-1.

Opération Iraqi Freedom - Offensive alliée en Irak - Introduction

Le 20 mars 2003, à 5h34 du matin heure locale, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne déclenchent l'opération Iraqi Freedom contre le régime baasiste irakien de Saddam Hussein.

Des Lockheed F-117A Nighthawk du 8th Fighter Squadron et une quarantaine de missiles de croisière BGM-109 Tomahawk, tirés depuis les navires de guerre américains croisant au large, ouvrent les hostilités en bombardant le Palais Présidentiel à Bagdad, des centres de commandement ou des résidences particulières, des centrales électriques et plusieurs casernes de l'armée ou de la Garde Républicaine irakienne.


Objectifs militaires et politiques des Alliés:

1° Mettre fin à la dictature baasiste de Saddam Hussein.

2° Identifier, isoler et détruire le programme de développement d'armes de destruction massive irakien.

3° Chercher et détruire les divers bases arrières des mouvements terroristes islamiques opérant depuis le sol irakien: Ansar al-Islam, Djihad Islamique, ... Et par la même occasion détruire un allié potentiel d'Al-Qaida et un régime qui finance le terrorisme islamique au Proche-Orient.

4° Collecter des renseignements sur ces réseaux terroristes, dans le cadre de la guerre globale contre le terrorisme.

5° Collecter des renseignements sur le programme de développement d'armes de destruction massive irakien.

6° Mettre fin aux sanctions économiques, au programme "Pétrole contre nourriture" et à l'embargo international décrété par les Nations Unies en 1991.

7° Sécuriser ou réparer les champs de pétrole et les industries irakiennes.

8° Et enfin, en coopération avec les Nations Unies, aider les Irakiens à établir un gouvernement de transition, démocratique, pluralistes et représentatif.


Offensive terrestre alliée.

130000 fantassins du 5ème Corps US et Marines du I MEF, ainsi que 22000 soldats britanniques de la 1ère Division blindée UK et divers unités de commandos, participent à l'offensive terrestre et franchissent la frontière koweitienne.



Au nord, dans le Kurdistan irakien, des opérations de parachutages de la 173ème Brigade aéroportée US, et des Bérets Verts et Rangers des forces spéciales, à partir du territoire turc, sont prévues en coopération avec les Peshmergas (combattants kurdes). Les parachutistes et les Rangers américains ont pour missions de neutraliser plusieurs aérodromes, postes de commandement ou batteries de DCA/SAM irakiens, s'emparer et sécuriser des champs pétrolifères dans les régions de Mossul, Irbil et Kirkuk.